Technique

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Oïdium

Plantes concernées

  • vigne

Symptomes

L’intensité de la pression oïdium sur une parcelle est étroitement liée à la quantité de foyers primaires précoces

  • Les épidémies sont principalement initiées à partir des contaminations primaires dues aux ascospores contenues dans les cléistothèces (organes de conservation hivernale du champignon issus de la reproduction sexuée). Ceux-ci subsistent durant l'hiver sur les écorces des ceps.
  • La libération des ascospores (sous l’action de la pluie) a généralement lieu au printemps dès la formation des premières feuilles.
  • Les premiers symptômes apparaissent 10 à 15 jours après l'infection sous forme de petites taches diffuses, généralement localisées à la face inférieure des feuilles de la base des rameaux, situées près des écorces des ceps et sont souvent très difficiles à repérer.
  • Ces contaminations primaires peuvent toutefois s'étaler dans le temps au cours du mois de mai, voire juin. La maladie se développe ensuite discrètement et de façon continue sur le feuillage.
  • Le stock d’inoculum ainsi constitué sur feuilles va assurer la contamination des futures baies à leur stade de plus grande réceptivité : floraison-nouaison.
  • La maladie peut s’extérioriser sur grappes de manière importante au stade grain de pois.
  • La réceptivité des grappes diminue ensuite fortement pour devenir nulle au stade fermeture de la grappe. Néanmoins, sur la majorité des cépages, la maladie peut progresser sur les baies jusqu’à la véraison à partir de symptômes déjà présents.

Test

  • De manière à s’assurer que le symptôme suspect est bien un foyer primaire de mildiou, il est préférable de mettre la feuille à incuber :
    mettre les feuilles dans un sac plastique avec un coton imbibé d’eau. Après quelques heures, une nuit à 20°C), les fructifications blanches ont confirmées qu’il s’agit bien d’un foyer primaire.

Cas des situations à “drapeaux”.

  • Dans certaines situations (sites / cépages), l’oïdium peut se conserver à l’état de mycélium à l’intérieur des bourgeons. Dès le débourrement, le jeune rameau issu d'un bourgeon infecté est envahi par le mycélium et forme le symptôme appelé “drapeau”.
  • Néanmoins, il est délicat d’établir une relation claire au sein d’une parcelle entre le nombre de drapeaux et l’intensité de la maladie observée par la suite sur les grappes la même année. La relation apparaît plus forte entre le nombre de drapeaux de l’année en cours et celui observé l’année précédente.
  • Dans les situations à “drapeaux”, les traitements ont donc pour objectif de limiter l’extension du nombre de drapeaux d’année en année. La présence de drapeaux l’année précédente nécessite une voire deux applications durant la période 2 à 6 feuilles étalées.

Réponses

  • Intercaler un poudrage entre deux traitements classiques avec de préférence du soufre sublimé à 30 kg/ha.
  • Préférez l’utilisation de spécialités commerciales ayant une action curative (IDM ex IBS, Krésoximméthyl, Trifloxistrobine…cf. guide des vignobles page 50).
  • Attention, des souches d’oïdium résistantes aux QOI (azoxystrobine, Krésoxim-méthyl, Trifloxistrobine, pyraclostrobine) ont été identifiées en 2008 dans certains vignobles français et étrangers. Il est donc conseillé de limiter leur utilisation à 2 traitements par an, de préférence non consécutifs.

Préventives : mise en oeuvre des mesures prophylactiques pour limiter les risques de contaminations primaires

  • limiter l’apparition de mouillères par l’enherbement, le travail du sol ou le drainage
  • limiter le développement des organes verts à proximité du sol (épamprage précoce)
  • limiter l’humidité dans la souche maintenir un couvert végétal ras en cas d’enherbement)
  • aération des grappes palissage, etc.) et équilibre de la vigueur des souches (choix du porte-greffe, fertilisation adaptée, enherbement). En outre, en permettant une meilleure pénétration des produits, ces mesures amélioreront l’efficacité des traitements.
  • Les zones précoces (zones 1 et 2) et des parcelles à faible portance ayant atteint le stade E (2-3 feuilles étalées) lors des dernières pluies doivent être protégées avant tout nouvel épisode pluvieux. Consultez donc régulièrement les prévisions météo.
  • pulvériser

  • Dans un contexte de pression parasitaire très forte (nombreux foyers primaires) un démarrage des traitements de manière plus précoce peut apporter un gain d’efficacité non négligeable.
  • Un début de protection entre les stades 7-8 feuilles étalées et 10-12 feuilles étalées selon les régions et les cépages et l’observation de la maladie sur feuilles, est généralement suffisant pour permettre à la stratégie d’assurer une bonne protection de la récolte.
  • Seul l’historique parcellaire (parcelles régulièrement attaquées sur grappes) permet, dans la pratique actuelle, d’identifier ces situations. Les applications effectuées à partir de la floraison ont pour principal objectif la protection des grappes lors de leur période de grande sensibilité : une qualité de pulvérisation optimale s’impose alors.

Curatif

  • Quand ?

    • pas de traitement avant découverte et confirmation des foyers primaires. L’objectif des traitements réalisés avant la floraison est donc de freiner la propagation de la maladie sur le feuillage.
    • Les traitements appliqués après le stade fermeture de la grappe sont inutiles lorsque la situation est saine mais peuvent apporter un gain d’efficacité lorsqu’un nombre significatif de grappes présente de légers symptômes.
    • Dans les situations à “drapeaux”, et en fonction de la sensibilité des parcelles (cépage, fréquence de drapeaux en 2007), prévoir une application au stade 5-6 feuilles ou 2 applications aux stades 2-3 feuilles et 5-6 feuilles.
  • Quoi ?

    • La protection débutant entre les stades 7-8 feuilles étalées et 10-12 feuilles étalées, les fongicides sont susceptibles d’être appliqués sur de l’oïdium déjà présent, bien que difficilement détectable par une observation rapide. Il convient donc pour le premier traitement, d’utiliser une spécialité contenant une substance active présentant une forte action sur cet inoculum et permettant ainsi de sécuriser l’efficacité de l’ensemble du programme. Ces substances actives sont les suivantes : soufre poudre, tébuconazole, penconazole, krésoximméthyl, pyraclostrobine et trifloxystrobine.
    • Familles chimiques
      substances actives

      Délais de
      renouvellement
      (1)
      Détection dans le
      vignoble français de
      souches à sensibilité
      réduite ou
      résistantes

      Observations-restrictions
      Produits soumis à des risques de résistance
      En plus des restrictions propres à chaque famille chimique, l’utilisation de ces produits ne devrait pas dépasser 50%, par famille et par saison, du nombre total d’applications anti-oïdium.
      IDM (IBS du groupe 1)
      cyproconazole,
      difénoconazole,
      fenbuconazole, myclobutanil,
      penconazole, tébuconazole,
      tétraconazole, triadiménol
      14 jours Oui La résistance croisée existe au sein de cette famille avec un impact variable en pratique. Ne
      pas utiliser le même IDM tout au long de la
      saison et respecter un maximum de 2 à 3
      applications pour cette famille.
      Amines (IBS du groupe 2) spiroxamine 10 jours Non Résistance observée chez d’autres oïdiums.
      Limitation à 2 à 3 applications.
      QoI (strobilurines)
      azoxystrobine, krésoxim
      méthyl, pyraclostrobine
      trifloxystrobine,
      12 à 14 jours Non Résistance observée chez de nombreux
      champignons dont Plasmopara viticola.
      Résistance récemment détectée en Europe
      centrale et aux USA chez l’oïdium de la vigne.
      Limitation à 2 applications.
      Phénoxyquinoléines
      quinoxyfène
      14 jours Non Résistance détectée dans d’autres pays européens chez l’oïdium de la vigne. Limitation à 2 applications
      Carboxamides
      boscalid
      14 jours Non Résistance non observée chez l’oïdium de la vigne mais détectée chez d’autres champignons dont Botrytis cinerea. La notification d’autorisation de mise sur le marché intègre une restriction à 2 applications.
      Benzophénones
      métrafénone
      14 jours Non Résistance non observée chez les oïdiums ni aucun autre champignon. La notification d’autorisation de mise sur le marché intègre une restriction à 2 applications.
      Produits non soumis à des risques de résistance (Contact)
      Minéraux
      soufre
      10 jours max Non Pas de résistance pour cette famille
      Dérivé du phénol
      dinocap
      10 jours Non Pas de résistance pour cette famille.
    • Extrait végétaux :
      Il existe, avec une autorisation de mise sur le marché provisoire, une spécialité à base d’extrait végétal (fenugrec) utilisable également en agriculture biologique. D’efficacité variable et limitée, elle est utilisable, à intervalle de 10 jours maximum jusqu’au stade boutons floraux séparés. Déconseillé en situation de ”drapeaux” ou en cas de forte pression de la maladie.
  • Comment ?

    • l’efficacité de la protection est fortement liée à la qualité de la pulvérisation, notamment en localisant les traitements sur grappes et en privilégiant l'application “face par face”.
    • La protection sera ensuite maintenue jusqu’à la fermeture de la grappe avec l’ensemble des spécialités à usage oïdium. Quelle que soit la situation (vignoble/cépage), la maladie peut prendre un caractère fortement épidémique, notamment dans les situations sensibles (cépage, historique, entassement de la végétation). La gestion des délais de renouvellements doit être rigoureuse (voir tableau ci-dessous). Il faut éviter les “trous“ de protection (en particulier en cas du relâchement de la protection anti-mildiou). Les délais peuvent être réduits dans les cas de forte pression d'oïdium ou de pluie lessivante pour les produits de contact.
    • Traitements après le stade fermeture de la grappe : La poursuite de la protection dépend de la fréquence d’attaque sur grappes (seuils différents selon les régions), de l’historique des parcelles, de la pression de la maladie, de la sensibilité du cépage et de l’objectif de résultats. D’une façon générale, la protection est suspendue si la fréquence d’attaque sur grappe ne dépasse pas 10 à 30% au stade fermeture de la grappe.
    • Gestion des résistances aux fongicides.
      Le tableau ci-dessous présente les risques de résistance en fonction des familles chimiques. La stratégie mise en oeuvre pour limiter l’extension ou empêcher l’apparition des phénomènes de résistance est la limitation annuelle du nombre des applications. Cette stratégie garantit l’efficacité des spécialités déjà concernées (ou susceptibles de l’être) par la résistance. Elle peut être facilement mise en oeuvre du fait de la présence de 8 familles chimiques différentes.

Agriculture biologique

  • la stratégie est la même que ci-dessus mais, l’action strictement préventive du cuivre impose que son positionnement soit réalisé avant une pluie contaminatrice. Globalement les doses de cuivre sont à raisonner en fonction de la sensibilité de la parcelle ainsi que de la pression générale:
    • Parcelles peu sensible et/ou pression faible : apporter de 600 à 800 g de cuivre métal/ Ha à renouveler après une pluie d’au moins 25 mm et/ou une pousse supérieure à 20cm.
    • Parcelles sensibles et/ou pression forte : apporter de 800 à 1000 g de cuivre métal à l’Ha à renouveler après une pluie d’au moins 25mm et/ou une pousse supérieure à 20cm.
    •  

Sources

  • Note nationale Oïdium de la vigne 2009 (http://www.ca83.fr/viti/Infos_Agro-environnementales/5_Notes_nat_et_region_et_fich_tec/Oidium/Note_nationale_oidium_2009.pdf)

diter admin 06 janvier 2014 maladies aucun commentaire




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