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L’absinthe victime des vignerons pour les Inrocks

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A en croire l’un des employés de la première boutique dédiée à l’absinthe dans le Marais à Paris (ouverte en 2004), tout ça n’est qu’une légende.


Il nous corrige au passage en précisant que l’absinthe n’est citée que deux fois dans L’Assommoir. Et affirme qu’elle ne rend pas plus fou qu’un autre alcool pris dans les mêmes proportions. Ainsi, selon lui, l’interdiction de 1915 a notamment été décidée en raison de l’addiction problématique de l’armée française pendant la Première Guerre mondiale. Et fait suite à plus de dix ans de lobbying intense des ligues de moralité, des ligues antialcooliques et… des vignerons. Ces derniers jalousaient le succès de l’absinthe qui était alors l’alcool le plus fort et le moins cher – d’où les quantités astronomiques ingurgitées à cette époque et un taux d’alcoolémie assez élévé dans la population française.

De là découlent les étranges campagnes de santé publique "Buvez du vin, pas de l’absinthe" et une rhétorique hallucinante du genre "l’absinthe rend fou et criminel, provoque l’épilepsie et la tuberculose, elle tue chaque année des milliers de Français. Elle fait de l’homme une bête féroce, de la femme une martyre, de l’enfant un dégénéré, elle désorganise et ruine la famille et ainsi l’avenir du pays". Ambiance.

Faire de l’absinthe un alcool jeune

Une centaine d’années plus tard, les cocktails ou les shots d’absinthe sont étrangement devenus hype. Pour Licit, une marque lancée depuis un peu plus d’un an et présente dans les bars et clubs branchouilles de Paris l’enjeu est "de faire l’absinthe du XXIe siècle". Alcool festif, jeune, "quasi spring break", la recette y est un peu retravaillée, de la menthe poivrée a été ajoutée et l’idée est "de ne pas se prendre au sérieux".

Exit donc la fontaine qui laissait couler l’eau goutte à goutte sur un sucre lui-même posé sur une cuillère ciselée au-dessus du verre. Pour faire son Verlaine ou son Gainsbourg, "regard absent, iris absinthe", il faudra aller dans l’un des quelques bars qui disposent du matériel ad hoc (notamment La Fée verte à Paris) ou s’acheter son propre nécessaire.

A noter, selon notre spécialiste du Marais (pour qui les cocktails sont une hérésie, l’absinthe étant déjà un cocktail de plantes), l’absinthe qu’il propose est faite dans le respect de la tradition, tout comme il y a cent ans, parfois dans les mêmes alambics. Plus étonnant : le résultat des analyses des bouteilles de l’époque entre dans les critères imposées aujourd’hui par la législation. Allez, un shot pour Gervaise.


admin 02 août 2011 armoise absinthe aucun commentaire





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