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le semis

Le premier avantage du semis est économique bien sûr, le prix des graines, même s’il a beaucoup augmenté depuis quelques années, reste moindre que celui des plantes commercialisées en conteneur. Hormis cet important détail, quelle satisfaction de pouvoir choisir l’espèce et la variété que l’on souhaite très précisément cultiver.

L’offre en semences est incontestablement plus élevée que celle de la gamme de jeunes plants ou de godets. D’autant que ces derniers ne sont disponibles sur les étals qu’au printemps ou à l’automne. Il n’y a qu’à consulter les catalogues de vente à distance pour s’en convaincre.

Avec un peu d’habitude, les semeurs constatent aussi avec satisfaction que les semis “rattrapent” haut la main les jeunes plants installés sur la planche d’à côté. Enfin, avec un semis, les plants en surnombre ne sont pas rares. Autant de cadeaux ou d’échanges en perspective !

Comment démarrer ?

- Semis au chaud : il s’effectue en serre, à une température constante de 20 °C. Le jeune plant est repiqué en godet, puis transplanté au jardin.

- Semis en pépinière : la pépinière désigne une parcelle de terre préparée spécialement pour semer ou pour bouturer. La couche chaude et le châssis sous vitre permettent, eux, de gagner les quelques degrés en plus qui manquent à la levée.

- Semis en place : il est effectué directement en pleine terre, généralement après les dernières gelées, au potager ou dans un massif.

- Stratification : cette technique consiste à stimuler la germination des graines à tégument, ou enveloppe dure.

- Stratification à froid : avec cette méthode, les graines sont disposées en couches alternées dans du sable ou de la terre, dans un sac en plastique ou une caissette. À placer dans le bac d’un réfrigérateur ou bien à l’extérieur en hiver. Les graines ont besoin du froid pour germer.

- Stratification à chaud : les graines sont ici étalées sur une couche de terre, dans une terrine. Pour la levée, il faut les installer dans une miniserre lumineuse et humide, à une température supérieure à 24 °C.
 

De la lumière !

En comptant 2 mois pour que les tiges forcissent, le mois de mars est le mois des semis. Comme nous ne pouvons pas encore jardiner à l'extérieur, nous jardinons à l'intérieur, préparant les annuelles et les légumes qui orneront nos jardins estivaux. Et c'est si facile à faire... quand l'éclairage est bon.

En effet, l'éclairage est le point faible des semis faits à l'intérieur. S'il n'y a pas assez de lumière, les semis «montent en orgueil» (s'étiolent) : les tiges s'allongent démesurément et restent pâles, souvent elles penchent au lieu de rester dressées. Les feuilles aussi sont pâlottes et faibles. Et les jeunes plants deviennent très susceptibles à la fonte des semis, une maladie dévastatrice qui fait qu'ils tombent sur le sol, comme s'ils avaient été fauchés à la base, puis meurent. Il faut donc passablement de lumière pour produire de beaux semis.

Éclairage pendant la germination

Pourtant, au début, la qualité et l'intensité de la lumière n'ont pas beaucoup d'importance. La première étape dans la vie d'un semis est la germination, la période où la graine se prépare à pousser. Elle absorbe de l'eau, elle se met à gonfler, puis une petite racine descend dans le sol pendant que les premières feuilles, habituellement deux, les cotylédons, se déroulent. C'est la germination.

Pendant cette période, qui peut prendre aussi peu que trois ou quatre jours pour certaines semences ou deux mois ou plus pour d'autres (de 7 à 14 jours est plus typique), la qualité de l'éclairage est sans importance : toute source de lumière suffira. On peut donc placer les semis sur un rebord de fenêtre, sous une lampe fluorescente ou ailleurs.

À ce stade, on recouvre le plateau de semis d'un dôme de plastique transparent ou d'un morceau de vitre pour augmenter l'humidité et pour modérer les changements de température. Mais il y a alors risque de surchauffer les graines! En effet, si les semis sont recouverts de plastique ou d'une vitre et que le soleil plombe, la température peut monter à des niveaux létaux. À ce stade, donc, évitez les emplacements au plein soleil.

Attention toutefois à une très petite minorité de graines qui exigent de la noirceur pour germer (pensées, delphiniums, etc.). Le sachet de semences soulignera ce détail. On recouvre le plateau de ces semences de quelques feuilles de papier journal pendant la germination ou on les place dans un garde-robe. Aussitôt la germination terminée, cependant, dès que de petites plantules paraissent, il leur faudra de la lumière. Il faut donc les surveiller tous les jours.

La fenêtre ou la lampe?

Changement de régime quand les semis ont germé : il faut enlever le dôme de plastique, la vitre ou le papier qui les recouvrait et les exposer à plus de lumière. Maintenant, la qualité de la lumière a subitement beaucoup d'importance.

Si vous cultivez vos semis sur le rebord d'une fenêtre, choisissez l'emplacement le plus ensoleillé dont vous disposez. Le plein soleil n'est pas trop. Un ensoleillement intense donnera des plants plus compacts et plus verts. Comme les semis tendent à se pencher vers la source de lumière, faites tourner d'un quart de tour le plateau de semences aux trois ou quatre jours, ainsi ils seront exposés au soleil de tous les côtés et pousseront plus droit.

Quand le soleil naturel manque, il faut le remplacer. La majorité des jardiniers utilisent des lampes fluorescentes pour éclairer leurs semis. Les avantages sont multiples : l'éclairage est égal tous les jours; alors que le soleil vient et va selon les caprices de Dame Nature, on peut leur offrir 12 heures ou plus de lumière par jour (bien des jardiniers règlent la minuterie de leurs lampes à 14 ou 16 heures pour imiter les conditions estivales), alors que, avant le 21 mars, les jours sont nécessairement courts devant une fenêtre. Aussi, les lampes fluorescentes offrent une chaleur relativement égale.

Pour les semis, nul besoin de tubes spéciaux très coûteux : des tubes Cool White (blanc froid), soit les tubes les moins chers, suffisent amplement. Une lampe classique à deux tubes convient pour la majorité des semis, alors qu'une lampe à quatre tubes donnera un éclairage encore plus intense que certains semis apprécieront. Opter pour les lampes fluorescentes T5, aux tubes ultraminces, qui sont naturellement plus intenses... est bien, mais aussi plus coûteux.

Les semis doivent toutefois être placés tout près des lampes fluorescentes, environ à 15 à 20 cm pour en profiter pleinement. Comme ils grandissent constamment, il faut régulièrement rehausser la lampe pour que les plantes n'y touchent pas, ce qui pourrait les brûler.

Il y a aussi la possibilité d'utiliser des lampes DEL, ces petites ampoules qui consomment si peu d'électricité. Les plantes y réussissent à merveille (les DEL bleues sont les meilleures pour les semis), et les DEL ne dégagent presque pas de chaleur, contrairement aux lampes fluorescentes... mais pour l'instant, le coût exorbitant des panneaux de lampes DEL d'une intensité suffisante pour les plantes rend leur utilisation trop coûteuse.

Quand les semis grandissent

Petit semis deviendra grand... et prendra alors plus d'espace. Il faut le repiquer dans un pot plus grand... et rechercher de nouveaux lieux éclairés. Dès le début de mai, il devient possible de placer les semis à l'extérieur... mais sous une serre temporaire, facile à construire avec quelques morceaux de bois ou de tuyaux en PVC, un rouleau de plastique transparent et une agrafeuse. On peut aussi acheter de telles serres prêtes à monter. L'avantage d'une serre à cette étape est que la lumière y est plus intense (après tout, elle vient de tous bords tous côtés et pas seulement d'un seul côté, comme sur le rebord d'une fenêtre) et que la température baisse tout naturellement la nuit, ce qui aide les semis à s'habituer aux conditions extérieures. Et sous une serre, du moins à partir de mai, il s'accumule assez de chaleur le jour pour qu'il n'y ait plus de risque de gel la nuit.

L'étape de la culture en serre n'est pas obligatoire - vous pourriez continuer à entretenir vos semis devant une fenêtre ou sous une lampe -, mais elle est bien utile aux jardiniers qui manquent d'espace.

L'acclimatation

À la fin de mai ou au début de juin, quand les températures nocturnes dépassent 10 °C, on peut enfin exposer nos semis au plein régime du soleil en les plantant en pleine terre, mais attention! Pas trop vite! Il reste l'étape de l'acclimatation.

En effet, les plants qui ont passé toute leur vie à l'intérieur n'ont pas encore été exposés aux rayons ultraviolets. Ces rayons sont bloqués par la vitre de nos fenêtres et le plastique des serres et les lampes fluorescentes n'en dégagent pas. Ces rayons peuvent facilement brûler les semis encore fragiles. Donc, placez vos semis, maintenant des plants bien avancés, à l'extérieur dans un endroit ombragé, mais recevant un peu de soleil matinal, pendant deux ou trois jours, ensuite placez-les à la mi-ombre un autre deux ou trois jours, puis au plein soleil pour deux ou trois jours. Ils seront alors prêts à être plantés, en pleine terre ou en bac.

Eh voilà : bien éclairer vos semis n'est pas si sorcier. Il suffit tout simplement de savoir s'adapter à leurs besoins.

 

Les producteurs de semences par catégories

- Légumes et autres plantes du potager
Cultiver son potager représente une véritable économie… à condition de semer soi-même les légumes. Un simple châssis ou bien un minitunnel permettent de produire un grand nombre de variétés et de gagner en autonomie à peu de frais.

- Semis : toute l’année selon les espèces potagères
Catalogues : Baumaux, Bocquet, Comptoir des Jardiniers de France, Fabre graines, Kokopelli, Le Biau germe, La Ferme de Sainte Marthe, Solana, Thompson & Morgan, Meilland-Richardier et Willemse.

- Annuelles
Les annuelles ont le charme de l’éphémère. Leur cycle rapide autorise toutes les expériences. De plus, elles s’avèrent idéales pour occuper ces “petits coins” du jardin dont on ne sait toujours que faire.
- Semis : en mars-avril, en terrine à 16 °C. Repiquage en pleine terre dès que les gelées sont passées. En avril-mai, semis direct en pleine terre.
Catalogues : Baumaux, Bocquet, Comptoir des Jardiniers de France, Fabre graines, Meilland-Richardier, Thompson & Morgan.

- Aromatiques
Grâce à leurs parfums, leurs fleurs mellifères, leurs propriétés officinales et, bien sûr, leur capacité à relever nos plats, les plantes aromatiques réveillent cuisine et jardin. Sortez des sentiers battus : semez l’hysope par exemple.
- Semis : en pleine terre après les gelées pour les annuelles.
Catalogues : Baumaux, Bocquet, Comptoir des Jardiniers de France, Fabre graines, Meilland-Richardier, Willemse.

- Bisannuelles
Vivement qu’elles arrivent ! Les fleurs annonciatrices des beaux jours – pensées, pâquerettes et autres bisannuelles – sont incontournables. Des semis à ne pas manquer pour un démarrage varié et multicolore.
Semis : en juin-juillet en pépinière et repiquage en octobre.
Catalogues : Baumaux, Bocquet, Comptoir des Jardiniers de France,
Fabre graines, Le Biau germe, Thompson & Morgan.

- Conifères
Un jardin plutôt libre ou très construit ? Du vert le plus tendre au bleu soutenu, les conifères se prêtent à toutes les fantaisies comme au classicisme. Ils restent les végétaux les plus pratiques pour structurer un espace.
- Semis : avec ou sans stratification, époque et méthode différentes selon les espèces.
Catalogues : Les semences du Puy.

- Grimpantes
Donnons de la hauteur à nos idées. Un jasmin d’hiver pour illuminer une haie de ses fleurs jaunes quand le ciel reste désespérément gris, un rosier liane lancé à l’assaut d’un tilleul ou une glycine pour ajouter au charme d’une ancienne maison : tout est bon pour rehausser et offrir de nouvelles perspectives.
- Semis : semis au chaud pour certaines glycines comme Wisteria floribunda ‘Alba’.
Catalogues : Les semences du Puy.

- Plantes exotiques
Le semis est une méthode pratique et économique pour donner une touche originale à son jardin comme à son intérieur. Palmiers, dattiers… les semis sont assez faciles à réussir et ne nécessitent pas un matériel spécifique. À cultiver en pleine terre ou en pot.
- Semis : au chaud pour les principales espèces de palmiers.
Catalogues : Baumaux, Ethnoplants Shop, Exoplantus, Les semences du Puy.

Les producteurs spécialisés de semences

- Les Semences du Puy : les arbres
Chacun se doute bien qu’avant l’arbre, il y avait forcément une graine, mais de là à semer sa haie ou ses arbres isolés ! C’est pourtant ce que nous invitent à faire Les Semences du Puy grâce à leur très large gamme de feuillus classiques ou exotiques, conifères, palmiers et plantes grimpantes, soit plus de 1000 références. Bien consciente que ce n’est pas une pratique courante, cette société accompagne toutes les livraisons d’une fiche technique. En plus de graines d’arbres, Les Semences du puy commercialisent aussi de nombreuses herbacées : jachères fleuries, fleurs sauvages, sedums…
Catalogue et vente en ligne. Catalogue papier sur demande.

- Le Jardin de Sauveterre : les plantes sauvages
Apiculteur à l’origine, Jacques Girardeau a commencé par sélectionner des plantes sauvages mellifères. À force de collectes, c’est sa passion des plantes sauvages qui, au fur et à mesure des ans, l’a emporté. Le jardin de Sauveterre, outre un lieu à visiter (ouverture au public de juin à la mi-août le mercredi et le samedi), édite aussi un catalogue de ventes de graines de plantes sauvages, classées selon leurs différents milieux d’origine : riches, secs, humides, lisières, champs… L’occasion pour chacun en fonction de son sol et de l’exposition de son terrain de pouvoir recréer un espace sauvage.
Catalogue sur demande contre frais d’envoi.

Bonnes adresses pour récupérer des semences en agriculture bio :

- Le Biau germe
Groupement de producteurs, le Biau germe propose depuis plus de 20 ans quelque 380 variétés et espèces différentes ! Non seulement ces semences sont produites selon les règles de l’agriculture biologique, mais en plus elles sont toutes issues de variétés fixes, non hybrides F1, donc reproductibles. Vous découvrirez dans ce catalogue de nombreuses espèces potagères et des aromatiques. Pour un jardin complet, ces producteurs mettent également à la disposition des jardiniers des annuelles, bisannuelles, vivaces, mellifères, engrais verts et graines fourragères.
Catalogue sur demande ou en ligne.

- Kokopelli
“Pour la libération des semences et de l’humus”, annonce l’association sur son site. Kokopelli met son slogan en pratique en commercialisant près de 1200 variétés anciennes de plantes, potagères essentiellement. Kokopelli a ainsi réuni de très belles collections de tomates, courges, piments, haricots, maïs… Produites de façon bio, ces semences sont toutes reproductibles. Une opération rendue plus facile grâce au passionnant manuel de production de semences que l’association vend également. On y découvre néanmoins quelques annuelles, vivaces et plantes à grains.
Catalogue en ligne ou manuel de production de semences, réédité tous les ans.

- La Ferme de Sainte Marthe
“Les semences sont la mémoire de la nature”, voici ce que l’on peut lire sur le site de la Ferme de Sainte Marthe. L’entreprise diffuse depuis plus de 20 ans des semences issues de l’agriculture biologique. Cet adage reflète bien un catalogue tout en diversité, où d’anciennes variétés locales côtoient de plus modernes ou de plus exotiques. Un fournisseur idéal pour jardiniers curieux, attentifs à la qualité des semences et à leur mode de production. Entre graines potagères, aromatiques, médicinales, fleurs et engrais verts, de quoi remplir le jardin des plus exigeants !
Catalogue sur demande ou en ligne.

diter admin 30 octobre 2013 multiplication botanique semis aucun commentaire




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